On assiste à une véritable banalisation de la misère et de la montée des inégalités. Les dernières réformes en date, celle de l’assurance chômage et celle des retraites (si elle est adoptée), vont plonger de nombreuses personnes encore un peu plus dans la pauvreté. Travailleurs pauvres, personnes à la rue, jeunes en galère, personnes en situation de handicap ou personnes âgées dans une extrême précarité font désormais partie du paysage.

Reims doit s’engager aux côtés des plus fragiles et garantir l’égalité des droits pour toutes et tous : égalité entre les femmes et les hommes, égalité dans l’accès au droit, dans l’accès au logement, à l’emploi, à la culture, mais aussi dans l’exercice de la citoyenneté en redonnant du pouvoir d’agir aux plus fragiles d’entre nous.

Reims doit également s’engager contre le racisme, le sexisme, la LGBTphobie et contre toutes les formes de discriminations.

Reims doit enfin affirmer son soutien aux personnes exilées qui vivent dans un extrême dénuement.

Engagement – Pour un accès amélioré pour tou.te.s aux services

# Mettre en œuvre une tarification sociale et progressive de l’eau

Parce que l’eau est notre bien commun, l’accès à cette ressource de base doit être démocratisé. Nous expérimenterons, à l’échelle du Grand Reims, la tarification sociale de l’eau, avec une aide du CCAS pour les plus démunis. Tarification sociale, mais aussi progressive pour toutes et tous, avec un tarif très attrayant pour “ l’eau essentielle ” (0-75m3), plus élevé pour “ l’eau confort ” (75-200 m3) et bien plus élevé pour “ l’eau superflue ” (+200m3), afin de réduire le grand gaspillage de notre ressource première.

Par rapport à cette tarification sociale, pour soutenir les familles nombreuses, une aide curative sera mise en place par le CCAS. Parallèlement, un programme éducatif de l’utilisation de l’eau sera organisé.

# Renforcer les dispositifs d’aide alimentaire

Nous renforcerons les actions du réseau Espoir par la création d’un nouveau site d’épicerie sociale et solidaire. Nous soutiendrons les associations qui préparent et distribuent des repas : soutien à l’acquisition d’outils de transformation, de locaux…

Nous soutiendrons également les associations qui œuvrent au volet préventif et éducatif, autour de l’alimentation, pour proposer « 2 services en un » : une personne qui souhaite s’alimenter peut aussi avoir l’occasion de se soigner.

# Amplifier les actions du CCAS et créer un guichet unique

Tout en maintenant les actions actuelles du CCAS (secours, carte familiale de solidarité, carte de transport, fonds d’aides aux personnes âgées, aide au projet d’insertion sociale…), nous voulons les ouvrir sur de nouvelles aides sociales facultatives : le partage d’objets, l’achat groupé, les circuits courts alimentaires via un “ chèque fruits et légumes ”, le Système d’Échanges Locaux entre voisins, la prise en charge de l’abonnement d’électricité 100% renouvelable…

L’accompagnement au numérique doit également faire partie des nouvelles attributions du CCAS.

Une réflexion doit aussi s’engager sur les horaires d’accueil des publics par le CCAS, afin de pouvoir proposer un service plus accessible.

Nous créerons enfin un guichet unique dans chaque mairie de quartier et une plateforme numérique pour accéder en un seul dépôt de justificatifs aux dispositifs d’aides sociales et de tarification solidaire existants.

# Lutter contre la précarité numérique

Nous souhaitons lutter contre la précarité numérique et développer la “ littératie numérique ”.

Nous voulons proposer des formations aux outils numériques pour les travailleurs sociaux des associations locales en contact avec un public précaire. Pour faciliter les démarches, nous développerons le rôle d’écrivain public numérique au sein de la mairie et des annexes de mairie, ou encore de médiateurs numériques au sein des maisons de quartier.

# Droit au nomadisme

Notre territoire connaît un manque de structures d’accueil des gens du voyage. Ces structures sont globalement inadaptées au niveau du format d’accueil. Nous souhaitons engager avec le Grand Reims un débat pour améliorer l’accueil réservé aux gens du voyage, pour garantir un droit au nomadisme.

# Un toit pour tous

Si on ne meurt pas de faim à Reims grâce au travail des associations, on peut malheureusement y mourir de froid. Dans la précédente campagne hivernale, ce sont près de 400 personnes qui n’ont pas pu être hébergées pour cause de saturation du 115.

L’Etat s’est désengagé, mais la collectivité ne peut pas rester les bras croisés devant cet état de fait, si l’on considère que les prérogatives du maire sont d’abord celles relatives à la tranquillité publique et à la salubrité. La situation des personnes et même des enfants à la rue ou qui vivent temporairement dans des squats dans des conditions déplorables doit nous interpeller.

Pour un accueil digne et humain des sans-abris, nous envisagerons de faire état de tous les bâtiments vides en capacité d’accueillir ces personnes. Notre territoire compte presque 10 % de logements vacants. Ces logements pourraient être mobilisés de façon temporaire en priorité pour la période hivernale, notamment en lien avec les bailleurs sociaux.

Plus largement, nous souhaitons mettre en place des cadres de concertation et de coopération avec les associations et les citoyen.ne.s sur toutes les questions d’accueil, de solidarité et d’apprentissage de la langue française, pour favoriser le lien social et délivrer une meilleure information sur ces sujets.

# Pour une écologie sociale et locale

Nous souhaitons engager l’ensemble des acteur.rice.s public.que.s du territoire, associations, maisons de quartier autour de projets d’écologie locale, qui permettront aux habitant.e.s d’améliorer leur qualité de vie de façon concrète : comment économiser l’eau, comment faire de la récupération, comment améliorer la collecte… Dans cette optique, nous souhaitons développer dans chaque quartier des ressourceries. Les ressourceries redonneront une seconde vie aux objets usagés et permettent  ainsi de lutter contre l’obsolescence programmée. Elles favorisent le développement des systèmes d’échanges de services et d’activités entre voisins (Systèmes d’Échanges Locaux).

Engagement – Personne n’est inemployable : pour un droit à l’emploi près de chez soi

# Agir dans chaque quartier pour le droit à l’emploi

Pour résorber le chômage et les emplois précaires dans nos territoires où de nombreux besoins ne sont pas satisfaits, nous instaurerons des comités locaux de l’emploi à l’échelle de chaque quartier. Objectif : proposer aux personnes des missions salariées à forte utilité sociale et environnementale et répondre aux offres insatisfaites.

# Soutenir la création d’entreprises à but d’emploi dans chaque quartier

Nous renforcerons aussi le soutien aux structures de l’insertion par l’activité économique, en systématisant les clauses sociales dans la commande publique (charte locale de l’insertion) et en augmentant le nombre de marchés publics réservés.

# Privilégier les TPE/PME pour l’emploi local

Le développement de la ville doit d’abord servir aux habitant.e.s et aux entreprises locales : nous serons attentifs à ce que la commande publique profite au maximum aux TPE/PME de la ville, et à l’emploi de ses habitant.e.s.

La transition écologique est également un formidable vivier d’emploi du futur (voir la partie économie) que nous comptons mobiliser pour aider à résorber le chômage, notamment chez les plus jeunes et chez les plus de 50 ans, qui sont les publics les plus en difficulté face à l’accès à l’emploi.

Engagement – Une ville soucieuse du handicap

Reims doit faire mieux pour ses actions en faveur des personnes en situation de handicap : pour les équipements recevant du public, les transports, les bâtiments d’habitation ou la voirie, et au-delà garantir des parcours autonomes.

# Garantir des services et équipements accessibles

Nous donnerons la priorité à l’accessibilité à l’école et au logement social et poursuivrons la formation des concepteur.rice.s et décideur.euse.s.

Nous faciliterons l’accès aux équipements publics (parcs, équipements sportifs…) et accompagnerons les petits commerçants dans leurs mises au normes d’accessibilité.

La période estivale et les changements de propriétaire d’un fonds de commerce sont souvent synonyme de travaux. Ces derniers ne prennent que trop rarement en compte l’accessibilité pour toutes et tous : nous voulons soumettre l’autorisation de ces travaux à la prise en compte réelle de l’accessibilité.

# Favoriser l’emploi des personnes en situation de handicap

Le taux de chômeur.euse.s en situation de handicap augmente, et l’inégalité se fait ressentir quant à la durée du chômage. À son niveau, la ville doit agir contre cet état de fait.

Nous mobiliserons tous les leviers de la commande publique et nous favoriserons le développement des entreprises proposant du travail adapté.

# Pour une ville accessible et sécurisée

La ville doit être accessible à toutes et tous sans discrimination aucune. Nous voulons réfléchir à des zones de mobilité partagée, où la chaussée et les trottoirs sont au même niveau et la vitesse est limitée. Cela facilite les déplacements des personnes à mobilité réduite (personnes en fauteuil, personnes âgées, des poussettes….). La vitesse étant fortement réduite, ces zones permettent également la circulation des vélos et trottinettes électriques sur la chaussée (sur des zones définies et continues).

Circuler sur une zone pavée est contraignante voire difficile pour de nombreuses personnes (cyclistes, trottinettes, personnes âgées, personnes en fauteuil roulant, personnes en talons, etc.) Il faut rendre ces surfaces de déplacement plus lisses en utilisant les aspérités pour délimiter les différents espaces piétons de ces zones. 

La circulation dans l’espace public est également de plus en plus difficile de part la proportion de mobilier plus ou moins fixe ou de zone devenue privatisée par les secteurs de la restauration ou de la vente par exemple. Il faut redéfinir ces espaces pour les rendre en priorité aux passants.

Engagement – Une ville pour les aînés

Aujourd’hui, beaucoup de seniors vieillissent en bonne santé et restent actifs. Ils s’engagent dans des activités associatives, tissent des liens sociaux et investissent des rôles de grands-parents. De nombreux équipements de quartier organisent des activités pour permettre de se retrouver, de faire du sport, de se divertir ou de se cultiver.

Mais une politique publique inclusive doit veiller à ce que tous/toutes les aîné.e.s puissent vivre bien, les faibles revenus de retraite pouvant renforcer l’éloignement des offres existantes, une vie précaire pouvant conduire à des problèmes de santé et à l’exclusion sociale.

# Aider les aidant.e.s

La mairie doit être le lieu d’informations privilégié et d’accompagnement des aidant.e.s. Par leur accueil physique, ou par le biais d’une plateforme web dédiée, nous accompagnerons les nouveaux modes de management des aidant.e.s professionnel.le.s de type auto-gestion de proximité.

# Soutenir les actions intergénérationnelles

Nous soutiendrons les initiatives d’habitat et dispositifs intergénérationnels existants, notamment le logement avec étudiants. Pour aller plus loin, nous devons également renforcer les liens de la petite enfance et des seniors, en les mobilisant sur les temps périscolaires, mais aussi pourquoi pas en réfléchissant à l’implantation de crèches au sein d’établissements accueillant des personnes âgées.

# Mobilité des seniors

Nous devons adapter la ville aux attentes des seniors. En concertation avec les intéressé.e.s, nous souhaitons construire “ un plan mobilité senior ” comprenant un cahier des charges. Multiplication des assises, abaissement des trottoirs, sécurisation par rapport aux voiries pour prévenir les chutes, présence de sanitaires publics gratuits, présence d’ombre arborée partout dans la ville… les propositions sont nombreuses.

L’amélioration du service de bus (voir partie transport) sera également pensée en fonction des attentes et besoins des seniors : l’implantation des arrêts, la régularité… D’autre part, nous voulons que les conducteur.rice.s de bus soient formé.e.s à la prise en compte des difficultés des seniors.

# Améliorer la qualité de vie des seniors

Nous souhaitons agir avec les acteur.rice.s du territoire pour améliorer la qualité des repas portés à domicile (plus de local, plus de biologique), mais aussi amplifier les actions de service culturel dédiées aux seniors.

Une partie importante des seniors souhaitant conserver leur domicile actuel, nous devons accompagner les familles dans les différentes démarches de travaux de réhabilitation thermique et d’adaptation des logements.

Nous souhaitons également travailler avec les EPHAD et les gestionnaires de résidences autonomes pour introduire des jardins potagers, et favoriser le contact avec les animaux qui ont un effet apaisant pour les seniors.

# Lutter contre l’isolement

Pour lutter contre l’isolement, en dépit des équipements existants dans les quartiers, nous devons être attentif.ve.s aux seniors éloignés des dispositifs de socialisation.

Afin de redonner conscience aux seniors de leur utilité sociale et éviter la sensation d’enfermement, il faut développer le renforcement des liens intergénérationnels, la solidarité de voisinage, et l’ouverture des résidences pour seniors sur la ville.

Engagement – Faire des maisons de quartier l’échelle locale de citoyenneté et d’animation

Nous faisons le constat que certaines maisons de quartier ont besoin d’être rénovées, mais aussi repensées dans leurs usages (manque de place, de grandes salles de réunion pour rassembler les citoyen.ne.s ou réaliser des projections…). Mais au-delà de la question des moyens matériels, c’est la logique d’animation de territoire et de pôle socio-culturel local que nous voulons soutenir au sein des maisons de quartier, en renforçant fortement la politique jeunesse et d’éducation populaire.

Nos propositions :

  • Construction/reconstruction des maisons de quartier
  • Utiliser les maisons de quartier pour des actions citoyennes, sociales et écologiques
  • Offrir des formations diplômantes aux personnes proposant du bénévolat
  • Intégrer les périmètres des conseils de quartier à ceux des maisons de quartier
  • Intégrer des bornes numériques et des écrivains publics numériques, ainsi qu’un guichet administratif dans chaque maison de quartier
  • Intégrer des petits cinémas et salles de projection
  • Intégrer les éducateur.rice.s avec des bureaux au sein des maisons de quartier
  • Décharger les animateurs et animatrices des dossiers administratifs pour leur permettre de se concentrer sur leurs actions de terrain
  • Étendre les horaires d’accueil et augmenter fortement la proposition d’activités en direction de la jeunesse et de l’éducation populaire (voir la partie « jeunesse »).